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Autore: Oggetto: Intervista a Christian Prudhomme, futuro direttore del tour (in francese)

Livello Fausto Coppi




Posts: 5092
Registrato: Apr 2004

  postato il 02/12/2004 alle 12:37
A 44 ans, Christian Prudhomme a rejoint Amaury Sport Organisation (ASO) en début d'année au poste de directeur adjoint du Tour de France. Désigné successeur de Jean-Marie Leblanc à la tête de l'épreuve la plus prestigieuse du monde, l'ancien journaliste prendra ses fonctions en 2007. Christian Prudhomme est revenu pour nous sur sa première année passée dans les coulisses de l'empire ASO.

Monsieur Prudhomme, voilà un an que vous êtes arrivé chez ASO. Quel bilan tirez-vous de votre première saison dans les coulisses du Tour de France ?
"C'est une année où j'ai vu l'envers du décor. Je connaissais assez bien le Tour de France et le milieu des compétitions mais jusqu'au 31 décembre l'année dernière, je ne regardais que les coureurs. Or il est évident que lorsqu'on passe du côté des organisateurs, il y a bien d'autres choses à voir. On prend conscience de l'importance de tout ce qu'il y a autour, notamment de l'importance de la sécurité et des mesures que l'on doit prendre, ce qui est quelque chose de capital. La seconde chose qui m'a marqué est le sentiment d'avoir pris mon bâton de pèlerin. On est très souvent hors de chez soi, on fait beaucoup de kilomètres pour aller sur nos courses, sur celles de nos collègues, aux réunions des uns et des autres, tout ça pour, d'une certaine manière, prêcher la bonne parole partout. Chez ceux qui aiment le vélo, chez ceux qui ne connaissent pas le vélo, chez ceux à qui on veut faire découvrir le vélo."

Quel a été votre rôle durant cette première année ?
"D'abord de découvrir, ensuite d'organiser un peu ce qu'il y a derrière, sous l'autorité de Jean-Marie Leblanc bien sûr. Le cyclisme est un petit monde, comme tous les mondes du sport une fois qu'on les connaît, mais il faut quand même en faire le tour. C'était surtout l'objectif de cette première année. Maintenant pour le reste, on verra une fois que j'aurai le manche... Pour l'instant, je ne réalise toujours pas mon nouveau rôle. Dans ma tête, je n'ai pas une seule seconde quitté le journalisme, je n'ai pas une seule seconde quitté France Télévisions. L'hiver dernier, on m'a fait cette proposition et je ne pouvais pas dire non, même si je n'avais jamais rêvé diriger un jour le Tour de France. J'ai rêvé de commenter le Tour mais jamais d'en devenir le patron. Et en même temps, quand Jean-Marie Leblanc et Patrice Clerc m'ont proposé cela, je n'ai pas hésité. J'ai dit oui, ça a duré trois secondes ! Je ne vois pas ce que j'aurais pu répondre d'autres puisque depuis tout gamin j'adore le vélo et aussi parce que j'étais journaliste professionnel et que c'est toujours un journaliste professionnel qui a été patron du Tour : Henri Desgranges, Jacques Goddet, Félix Lévitan, Jean-Marie Leblanc."

C'est donc la raison pour laquelle la Société du Tour de France a fait appel à vous ?
"Je ne sais pas mais c'est certainement l'une des raisons."

Quel aspect vous a le plus marqué en découvrant l'envers du décor ?
"La sécurité. Elle est essentielle. Et puis, organiser, ce n'est pas le même métier. On voit paradoxalement moins de champions que je n'en voyais quand j'étais journaliste. On croise davantage d'hommes politiques, davantage d'élus. On n'est pas dans les mêmes réunions. On n'a pas le même angle de vue. Je crois en fait que ce qui m'a le plus marqué c'est qu'il ne faut jamais baisser la garde. D'abord en matière de sécurité, tout ce qu'il faut faire sur les routes du Tour, spectacle phénoménal adoré par les gens. Et il ne faut pas baisser la garde non plus sur l'éthique, qui reste un combat essentiel."

Comment va se passer la succession à la tête du Tour entre Jean-Marie Leblanc et vous ?
"Ce qui est sûr c'est qu'elle se passera bien, ça j'en suis certain. Cela se fera de manière progressive sur les deux saisons qui viennent. Jean-Marie sera toujours le patron du Tour 2005 mais j'aurai pour ma part plus d'influence dans la course. Mais tout se passera bien car Jean-Marie Leblanc est un grand patron et avant tout un homme de bien. Je crois beaucoup à la vertu de l'exemple par le geste."

Combien de temps vous voyez-vous à la direction du Tour de France ?
(Il sourit) "Je vais déjà attendre d'être patron du Tour pour dire si je reste ! Trois ans, dix ans, vingt ans, je n'en sais rien. Il faut y aller tranquillement."

Avez-vous déjà des projets, des défis à relever ?
"Non, c'est trop tôt. Je ne vais pas vous dire tiens, je ferai ceci, tiens, je ferai cela. Le Tour est un événement phénoménal qui marche merveilleusement bien. Je ne vais pas dire que mes prédecesseurs sont des nazes et qu'avec moi ça va être autrement. Ce qui est certain c'est que le sport sera toujours mon créneau. Le sport, c'est cela qui est le plus important. Ce qui est certain aussi c'est que tout ce que je ferai, même si je me trompe, ce qui arrive à tout le monde un jour où l'autre, je le ferai toujours par passion en pensant à l'intérêt général du Tour."

Parmi les défis à relever, il y a pourtant un départ d'Amérique. On a longtemps parlé de Québec...
"Oui mais ceci n'est déjà plus d'actualité. Québec nous avait effectivement fait une proposition pour le Grand Départ du Tour en 2008, ce qui correspondra au quatre centième anniversaire de la création de Québec. C'était une proposition merveilleuse, nous étions très flattés, mais nous n'y reviendrons pas car c'est trop compliqué d'un point de vue logisitique. Trop risqué. Et au moment où l'on essaie de tout faire pour éliminer la gangrène du dopage, on ne va pas mettre en plus aux coureurs un décalage horaire. Ce serait de la folie furieuse !"

Un Grand Départ dans un pays de l'Est a été évoqué il y a peu. Le confirmez-vous ?
"Vous savez, le Tour de France est beaucoup demandé. On a beaucoup de propositions mais il n'y a pas à ce jour de demande officielle formulée par un pays de l'Est. Nous avons des demandes formulées d'une demi-douzaine de pays. Il y a des choses qui ont été dites, en effet, après ma visite en Slovaquie. Mais on considère qu'une candidature est vraiment réelle quand une autorité politique pose candidature, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui."

Où en sont actuellement les discussions avec l'Union Cycliste Internationale dans le but d'intégrer l'UCI ProTour en 2005 ?
"Ca continue... Tout le monde est d'accord sur le point de départ, sur le fait qu'il faille une réforme du cyclisme international. Après, sur le reste, ça continue à discuter. Ce qui est certain en tout cas c'est que nous ne transigerons pas sur les critères sportifs et éthiques. A ce stade, on continue à travailler... Mais ce que je désire c'est que la glorieuse incertitude du sport ait toujours un sens. Il faut qu'on garde sport, il faut qu'on garde glorieux, il faut qu'on garde incertitude."

L'autre interrogation pour 2005, c'est la participation ou non de Lance Armstrong au Tour de France. En savez-vous plus ?
"Non, je ne sais pas. Il choisira ce que bon lui semble et cela n'a guère d'importance. Armstrong a eu le cancer puis il a gagné six Tours de France derrière, c'est le record. Qu'est-ce qu'une victoire de plus pourrait lui apporter ? Schumacher est sept fois champion du monde, qu'est-ce que ça peut bien faire ? Ca n'a plus aucune importance, ça ne lui a pas apporté un iota de notoriété en plus... et ça gonfle tout le monde qu'il gagne tout le temps. Mon scénario idéal serait qu'Armstrong ne vienne pas en 2005, que Cunego, Valverde ou je ne sais qui gagne, qu'un Français se révèle pourquoi pas, et qu'en 2006, Armstrong vienne défier celui qui a gagné en son absence. Quand Anquetil a gagné son cinquième Tour, qu'a-t-il fait derrière ? Il n'a pas fait le Tour et il s'est donné un vrai défi en enchaînant Bordeaux-Paris et Dauphiné. Et tout le monde s'en souvient quarante ans après. Armstrong est attaqué sur le reste de son palmarès. Mais s'il gagne un Tour d'Espagne, un Tour d'Italie... Imaginez qu'il fasse Paris-Roubaix et qu'il gagne, ce serait extraordinaire. De toute façon, il faudra bien qu'on s'habitue un jour à l'absence d'Armstrong qui arrêtera quand même bien un jour prochain. Qu'il ne soit pas là ne me dérangerait donc à aucun point de vue, ce ne serait vraiment pas un drame. Le Tour serait plus ouvert, on découvrirait d'autres champions."

Quel est votre tout premier souvenir du Tour de France ?
"Ce sont les lunettes de Jan Janssen en 1968. Je vous avouerais que ce jour là, je n'ai pas très bien compris. J'ai vu un gars à lunettes qui était happé par la foule et j'ai su après que c'était Jan Janssen. Ca se passait à la Cipale, à l'arrivée du Tour 1968. C'est un Tour qui s'est joué au tout dernier moment. Ils étaient quasiment une demi-douzaine à pouvoir gagner. Van Springel apparaissait comme le vainqueur le plus probable mais s'est fait prendre son Maillot Jaune le dernier jour. Et puis c'est surtout le Tour où Raymond Poulidor s'est fait renverser par une moto. Comme quoi, dans le sport..."

Avez-vous tiré un trait définitif sur votre carrière de journaliste ?
(Il rit) "Le journalisme est le seul métier que j'ai jamais choisi. J'ai toujours rêvé d'être journaliste. L'un des plus beaux jours de ma vie fut lorsque j'ai su que j'allais entrer à l'école de journalisme de Lille. J'ai compris que j'allais réaliser mon rêve. C'est pourquoi, comme je vous le disais précédemment, dans mon accord immédiat de rejoindre le Tour, j'ai bien senti que c'était aussi, au-delà de moi, un journaliste professionnel qui était choisi. Cela veut dire que je n'ai pas quitté ce métier, même si j'en fais un autre. Il y a une formule qui dit que le plus dur n'est pas de monter mais de rester soi. J'espère rester moi-même alors ne comptez pas sur moi pour renier les dix-huit années que j'ai passées dans le journalisme."

Un mot pour finir sur votre succession au micro de France Télévisions. Christophe Josse a fait un passage éclair mais qui vous succédera en 2005 ?
"Je ne sais pas du tout mais je tiens à dire que le Tour de France mérite un commentateur qui s'installe dans la durée. 2000 était la dernière année de Patrick Chêne, moi je l'ai fait trois ans, Christophe était là cette année. Il faut qu'il y ait quelqu'un qui s'installe pour durer, ça me paraît nécessaire. C'est ça le plus important pour moi et pour les organisateurs du Tour."

Propos recueillis le 27 novembre 2004.

 

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Mauro Facoltosi
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Livello Claudio Chiappucci




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Registrato: Dec 2004

  postato il 02/12/2004 alle 15:31
Originariamente inviato da maurofacoltosi

A 44 ans, Christian Prudhomme a rejoint Amaury Sport Organisation (ASO) en début d'année au poste de directeur adjoint du Tour de France. Désigné successeur de Jean-Marie Leblanc à la tête de l'épreuve la plus prestigieuse du monde, l'ancien journaliste prendra ses fonctions en 2007. Christian Prudhomme est revenu pour nous sur sa première année passée dans les coulisses de l'empire ASO.

Monsieur Prudhomme, voilà un an que vous êtes arrivé chez ASO. Quel bilan tirez-vous de votre première saison dans les coulisses du Tour de France ?
"C'est une année où j'ai vu l'envers du décor. Je connaissais assez bien le Tour de France et le milieu des compétitions mais jusqu'au 31 décembre l'année dernière, je ne regardais que les coureurs. Or il est évident que lorsqu'on passe du côté des organisateurs, il y a bien d'autres choses à voir. On prend conscience de l'importance de tout ce qu'il y a autour, notamment de l'importance de la sécurité et des mesures que l'on doit prendre, ce qui est quelque chose de capital. La seconde chose qui m'a marqué est le sentiment d'avoir pris mon bâton de pèlerin. On est très souvent hors de chez soi, on fait beaucoup de kilomètres pour aller sur nos courses, sur celles de nos collègues, aux réunions des uns et des autres, tout ça pour, d'une certaine manière, prêcher la bonne parole partout. Chez ceux qui aiment le vélo, chez ceux qui ne connaissent pas le vélo, chez ceux à qui on veut faire découvrir le vélo."

Quel a été votre rôle durant cette première année ?
"D'abord de découvrir, ensuite d'organiser un peu ce qu'il y a derrière, sous l'autorité de Jean-Marie Leblanc bien sûr. Le cyclisme est un petit monde, comme tous les mondes du sport une fois qu'on les connaît, mais il faut quand même en faire le tour. C'était surtout l'objectif de cette première année. Maintenant pour le reste, on verra une fois que j'aurai le manche... Pour l'instant, je ne réalise toujours pas mon nouveau rôle. Dans ma tête, je n'ai pas une seule seconde quitté le journalisme, je n'ai pas une seule seconde quitté France Télévisions. L'hiver dernier, on m'a fait cette proposition et je ne pouvais pas dire non, même si je n'avais jamais rêvé diriger un jour le Tour de France. J'ai rêvé de commenter le Tour mais jamais d'en devenir le patron. Et en même temps, quand Jean-Marie Leblanc et Patrice Clerc m'ont proposé cela, je n'ai pas hésité. J'ai dit oui, ça a duré trois secondes ! Je ne vois pas ce que j'aurais pu répondre d'autres puisque depuis tout gamin j'adore le vélo et aussi parce que j'étais journaliste professionnel et que c'est toujours un journaliste professionnel qui a été patron du Tour : Henri Desgranges, Jacques Goddet, Félix Lévitan, Jean-Marie Leblanc."

C'est donc la raison pour laquelle la Société du Tour de France a fait appel à vous ?
"Je ne sais pas mais c'est certainement l'une des raisons."

Quel aspect vous a le plus marqué en découvrant l'envers du décor ?
"La sécurité. Elle est essentielle. Et puis, organiser, ce n'est pas le même métier. On voit paradoxalement moins de champions que je n'en voyais quand j'étais journaliste. On croise davantage d'hommes politiques, davantage d'élus. On n'est pas dans les mêmes réunions. On n'a pas le même angle de vue. Je crois en fait que ce qui m'a le plus marqué c'est qu'il ne faut jamais baisser la garde. D'abord en matière de sécurité, tout ce qu'il faut faire sur les routes du Tour, spectacle phénoménal adoré par les gens. Et il ne faut pas baisser la garde non plus sur l'éthique, qui reste un combat essentiel."

Comment va se passer la succession à la tête du Tour entre Jean-Marie Leblanc et vous ?
"Ce qui est sûr c'est qu'elle se passera bien, ça j'en suis certain. Cela se fera de manière progressive sur les deux saisons qui viennent. Jean-Marie sera toujours le patron du Tour 2005 mais j'aurai pour ma part plus d'influence dans la course. Mais tout se passera bien car Jean-Marie Leblanc est un grand patron et avant tout un homme de bien. Je crois beaucoup à la vertu de l'exemple par le geste."

Combien de temps vous voyez-vous à la direction du Tour de France ?
(Il sourit) "Je vais déjà attendre d'être patron du Tour pour dire si je reste ! Trois ans, dix ans, vingt ans, je n'en sais rien. Il faut y aller tranquillement."

Avez-vous déjà des projets, des défis à relever ?
"Non, c'est trop tôt. Je ne vais pas vous dire tiens, je ferai ceci, tiens, je ferai cela. Le Tour est un événement phénoménal qui marche merveilleusement bien. Je ne vais pas dire que mes prédecesseurs sont des nazes et qu'avec moi ça va être autrement. Ce qui est certain c'est que le sport sera toujours mon créneau. Le sport, c'est cela qui est le plus important. Ce qui est certain aussi c'est que tout ce que je ferai, même si je me trompe, ce qui arrive à tout le monde un jour où l'autre, je le ferai toujours par passion en pensant à l'intérêt général du Tour."

Parmi les défis à relever, il y a pourtant un départ d'Amérique. On a longtemps parlé de Québec...
"Oui mais ceci n'est déjà plus d'actualité. Québec nous avait effectivement fait une proposition pour le Grand Départ du Tour en 2008, ce qui correspondra au quatre centième anniversaire de la création de Québec. C'était une proposition merveilleuse, nous étions très flattés, mais nous n'y reviendrons pas car c'est trop compliqué d'un point de vue logisitique. Trop risqué. Et au moment où l'on essaie de tout faire pour éliminer la gangrène du dopage, on ne va pas mettre en plus aux coureurs un décalage horaire. Ce serait de la folie furieuse !"

Un Grand Départ dans un pays de l'Est a été évoqué il y a peu. Le confirmez-vous ?
"Vous savez, le Tour de France est beaucoup demandé. On a beaucoup de propositions mais il n'y a pas à ce jour de demande officielle formulée par un pays de l'Est. Nous avons des demandes formulées d'une demi-douzaine de pays. Il y a des choses qui ont été dites, en effet, après ma visite en Slovaquie. Mais on considère qu'une candidature est vraiment réelle quand une autorité politique pose candidature, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui."

Où en sont actuellement les discussions avec l'Union Cycliste Internationale dans le but d'intégrer l'UCI ProTour en 2005 ?
"Ca continue... Tout le monde est d'accord sur le point de départ, sur le fait qu'il faille une réforme du cyclisme international. Après, sur le reste, ça continue à discuter. Ce qui est certain en tout cas c'est que nous ne transigerons pas sur les critères sportifs et éthiques. A ce stade, on continue à travailler... Mais ce que je désire c'est que la glorieuse incertitude du sport ait toujours un sens. Il faut qu'on garde sport, il faut qu'on garde glorieux, il faut qu'on garde incertitude."

L'autre interrogation pour 2005, c'est la participation ou non de Lance Armstrong au Tour de France. En savez-vous plus ?
"Non, je ne sais pas. Il choisira ce que bon lui semble et cela n'a guère d'importance. Armstrong a eu le cancer puis il a gagné six Tours de France derrière, c'est le record. Qu'est-ce qu'une victoire de plus pourrait lui apporter ? Schumacher est sept fois champion du monde, qu'est-ce que ça peut bien faire ? Ca n'a plus aucune importance, ça ne lui a pas apporté un iota de notoriété en plus... et ça gonfle tout le monde qu'il gagne tout le temps. Mon scénario idéal serait qu'Armstrong ne vienne pas en 2005, que Cunego, Valverde ou je ne sais qui gagne, qu'un Français se révèle pourquoi pas, et qu'en 2006, Armstrong vienne défier celui qui a gagné en son absence. Quand Anquetil a gagné son cinquième Tour, qu'a-t-il fait derrière ? Il n'a pas fait le Tour et il s'est donné un vrai défi en enchaînant Bordeaux-Paris et Dauphiné. Et tout le monde s'en souvient quarante ans après. Armstrong est attaqué sur le reste de son palmarès. Mais s'il gagne un Tour d'Espagne, un Tour d'Italie... Imaginez qu'il fasse Paris-Roubaix et qu'il gagne, ce serait extraordinaire. De toute façon, il faudra bien qu'on s'habitue un jour à l'absence d'Armstrong qui arrêtera quand même bien un jour prochain. Qu'il ne soit pas là ne me dérangerait donc à aucun point de vue, ce ne serait vraiment pas un drame. Le Tour serait plus ouvert, on découvrirait d'autres champions."

Quel est votre tout premier souvenir du Tour de France ?
"Ce sont les lunettes de Jan Janssen en 1968. Je vous avouerais que ce jour là, je n'ai pas très bien compris. J'ai vu un gars à lunettes qui était happé par la foule et j'ai su après que c'était Jan Janssen. Ca se passait à la Cipale, à l'arrivée du Tour 1968. C'est un Tour qui s'est joué au tout dernier moment. Ils étaient quasiment une demi-douzaine à pouvoir gagner. Van Springel apparaissait comme le vainqueur le plus probable mais s'est fait prendre son Maillot Jaune le dernier jour. Et puis c'est surtout le Tour où Raymond Poulidor s'est fait renverser par une moto. Comme quoi, dans le sport..."

Avez-vous tiré un trait définitif sur votre carrière de journaliste ?
(Il rit) "Le journalisme est le seul métier que j'ai jamais choisi. J'ai toujours rêvé d'être journaliste. L'un des plus beaux jours de ma vie fut lorsque j'ai su que j'allais entrer à l'école de journalisme de Lille. J'ai compris que j'allais réaliser mon rêve. C'est pourquoi, comme je vous le disais précédemment, dans mon accord immédiat de rejoindre le Tour, j'ai bien senti que c'était aussi, au-delà de moi, un journaliste professionnel qui était choisi. Cela veut dire que je n'ai pas quitté ce métier, même si j'en fais un autre. Il y a une formule qui dit que le plus dur n'est pas de monter mais de rester soi. J'espère rester moi-même alors ne comptez pas sur moi pour renier les dix-huit années que j'ai passées dans le journalisme."

Un mot pour finir sur votre succession au micro de France Télévisions. Christophe Josse a fait un passage éclair mais qui vous succédera en 2005 ?
"Je ne sais pas du tout mais je tiens à dire que le Tour de France mérite un commentateur qui s'installe dans la durée. 2000 était la dernière année de Patrick Chêne, moi je l'ai fait trois ans, Christophe était là cette année. Il faut qu'il y ait quelqu'un qui s'installe pour durer, ça me paraît nécessaire. C'est ça le plus important pour moi et pour les organisateurs du Tour."

Propos recueillis le 27 novembre 2004.
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Livello Claudio Chiappucci




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  postato il 02/12/2004 alle 15:33
finalemente jean-marie leblanc se ne va dal tour!!!


 
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